QU’EST-CE QUE L’ASSOCIATION DES VEUVES ET ORPHELINS DU BURKINA (AVOB) ?

INTRODUCTION

En 1974, l’idée de création de l’AVOHV éclata. « Je sollicite les unes, les autres ; les membres du Comité SOS Sahel dont je fais partie. Ils sont tous favorables à ma cause. Je me suis totalement engagée en vue de me rendre utile aux autres ».

Le recensement national de 1975 a révélé que sur la population totale voltaïque de 5 638 000 habitants, 145 038 étaient veuves.

L’Association des Veuves et Orphelins du Burkina (AVOB), avait au départ pour dénomination « Regroupement des Veuves et Orphelins» et comprenait dix (10) membres. Elle devint ensuite, Association des Veuves et Orphelins de Haute-Volta (AVOHV), puis Association des Veuves du Burkina (AVOB) avec le changement du
nom du pays.

L'AVOB A PROPREMENT PARLE

L’Association des Veuves et Orphelins du Burkina (AVOB), a été créée le 25 Mai 1974 par Madame Veuve Lucie KABORE-TRAORE et reconnue officiellement le 20 Janvier 1977, par le récépissé n°3/IS/DGI/DAP.

Son nombre est passé de dix (10) à mille cinq cent cinquante (1550) en 1984, et de 1550 à quinze mille (15.000) en 1994.

C’est une Association féminine à but communautaire et caractère social. Elle est ouverte à toutes les veuves volontaires sans distinction aucune ; la veuve de tout âge, confession, ethnie, rang social y trouve sa place. Les veuves de nationalités étrangères, habitant au Burkina Faso sont admises si elles le désirent. Les veuves encore jeunes d’âge, admises au sein de l’Association, sont invitées à refaire leur vie conjugale dès que cela leur est possible. L’Association constitue un groupe de pression potentiel pour la modification du statut juridique de la veuve, en apportant sa contribution dans l’élaboration du nouveau Code de la Famille.

Les objectifs globaux de l’Association sont les suivants :

  • La défense juridique de la veuve et de l’orphelin oppressés, exploités par des pratiques traditionnelles.
  • La mise en place d’un statut véritable pour la veuve et l’orphelin, conformément aux dispositions juridiques prévues dans le Code des Personnes et de la Famille en vigueur au Burkina depuis 1985.

Les objectifs spécifiquessont :

  • Recenser toutes les veuves volontaires du Burkina Faso.
  • Etudier avec les veuves leurs problèmes spécifiques et ceux de leurs enfants à charge ; trouver les moyens appropriés devant permettre de les résoudre.
  • Favoriser la formation professionnelle, le recyclage, l’intégration de ses membres dans le monde de la production et dans la société burkinabè.
  • Créer des coopératives d’activités de : tissage, teinture, couture, plats nationaux, etc…
  • Dispenser des conseils complémentaires pour l’éducation, la bonne nutrition, l’hygiène préventive, le savoir-vivre.
  • Dispenser l’alphabétisation, l’application des principes élémentaires d’hygiène sanitaire, des techniques de développement, des causeries hebdomadaires, sujets choisis par les femmes (causeries sur un sujet d’hygiène – eau potable – latrines – soins aux enfants).
  • Aider à la scolarisation des orphelins dans les établissements, à l’acquisition des pièces officielles pour pension, à la constitution de dossiers demandés aux membres, surtout analphabètes.
  • Assurer le rôle d’intermédiaire entre les pouvoirs publics, les personnes physiques ou morales et ses membres.

A sa création en 1974, après avoir réparé les murs de la concession d’une veuve, Madame Veuve Lucie KABORE a obtenu d’elle en échange, que les veuves puissent tenir dans sa cour, des réunions et des séances de travail. Madame Veuve Lucie KABORE a pu obtenir des financements extérieurs pour construire sur ce site, un magasin de stockage d’équipements acquis et un puits qui servait non seulement aux veuves mais aussi aux résidents du quartier.

Les veuves travaillent donc ensemble, en développant des activités susceptibles de leur donner un certain revenu. Mais, d’après une mission réalisée par Solidarité Socialiste de Bruxelles, leur participation au sein de l’Association est limitée, bien qu’il existe une responsabilité par secteur. Heureusement que Madame Lucie KABORE est une bonne interprète des possibilités d’évolution du groupe. Les activités menées en son sein, concernent : le tissage, la couture, le tricotage, la broderie, la teinture, la production d’huile d’arachides, de beignets d’arachides, la production du beurre de karité, le maraîchage, l’élevage, l’alphabétisation. Sur les champs individuels et même collectifs, elles font des cultures vivrières, du
maraîchage, etc …

L’Association fonctionne sous le contrôle de sa fondatrice, jouissant d’un grand charisme. Celle-ci, matériellement désintéressée, recueille toutefois un certain prestige du fait du développement des activités de l’AVOB.

En reconnaissance de l’utilité de l’AVOB et pour soutenir et encourager les actions de Madame Veuve Lucie KABORE, les autorités de la Mairie de Ouagadougou ont octroyé à l’Association, un terrain de mille deux cent cinquante (1250) mètres carrés (cf. PUH n° 35/VO du 28 Décembre 1981, parcelles A et B du lot n° 138, quartier Larlé du Centre loti de Ouaga), pour la construction de son siège. C’est en 1985 que le siège a été édifié et son inauguration faite. Ce siège social est fixé à Ouagadougou, au quartier Larlé, actuellement dans l’Arrondissement 2, secteur 8 L’Association couvre toute l’étendue du territoire burkinabè. Les sections les plus actives existaient dans les provinces ci-dessous : Bazèga, Houet, Kénédougou, Poni, Sourou, Comoé, Kourwéogo, Boulkiemdé, Nahouri.

L’emblème de l’AVOB illustre la cérémonie de rasage de la veuve.

L’AVOB est membre fondateur du Secrétariat Permanent des Organisations Non Gouvernementales (SPONG) et du Collectif Regroupant des Associations Féminines (RECIF ONG) opérant au Burkina Faso. Elle est aussi membre du Réseau WILDAF.

Elle travaillait avec plusieurs partenaires donateurs, cités ci-dessous :

  • SOS Sahel Interconfessionnel
  • Paroisse Jean XXIII
  • Mission Adventiste
  • L’ONG ADRA
  • Mission Française de Coopération
  • Pays-Bas
  • Coopération Canado-Voltaïque
  • OSCD (Organisation Canadienne pour la Solidarité et le Développement)
  • UNICEF
  • Catwell
  • Commune de Baskuy
  • GIP/ESTHER
  • CMLS
  • Association des Femmes Juristes
  • Médecins Sans Frontière
  • SOS SIDA
  • LES AMBASSADES (de France, des Etats-Unis, de l’Allemagne, du Canada, de la Suisse, de la Belgique, etc…)
  • LES MINISTERES (de l’Action Sociale et de la Solidarité, de la Promotion de la Femme et du Genre, de la Promotion des Droits Humains et Civiques).

Elle était aussi, en partenariat avec :

  1. les associations sœurs d’Afrique (Cameroun, Mali, Rwanda)
  2. les associations d’Europe : l’Association des Veuves Civiles de France, la FAVEC, la Fédération Internationale des Associations des Veufs et veuves de France (FIAV)
  3. jumelage de l’école maternelle « l’Alouette » avec une école maternelle des Landes.

A ce jour, un travail acharné est entrain d ’être opéré pour dynamiser non seulement l ’association dans les différentes provinces, mais aussi les partenariats qui existaient.

Depuis 1974, Madame Veuve Lucie KABORE, femme très déterminée et très dynamique, compte à son actif quarante quatre (44) ans de combat, étoffés de nombreuses réalisations en faveur, non seulement des Orphelins et Autres, mais aussi des veuves. Ici, ne seront tout simplement mentionnées que les plus importantes :

RÉALISATIONS EN FAVEUR DES ORPHELINS ET AUTRES

  • Scolarisation

L’AVOB a ouvert le pré scolaire en 1988 avec une classe et en 1990, elle en avait trois.
Par rapport à l’instruction, on sait que l’insuffisance des structures d’accueil au niveau national pose des problèmes d’inscription des enfants. Cette tâche est assurée en grande partie par le père de famille. Ce dernier étant décédé, la femme qui prend la relève, est incompétente, souvent par manque de relations ou de connaissances en la matière. L’AVOB en la personne de la fondatrice, Madame Veuve Lucie KABORE, place chaque année des orphelins de préférence dans des écoles publiques, ce qui réduit énormément les frais de scolarité très élevés dans les établissements privés.

  • Emploi pour les orphelines

Les orphelines de 12 ans et plus, qui n’ont pas fréquenté l’école ou qui sont renvoyées sont placées dans les familles comme gardiennes d’enfants. Ce qui soulage de beaucoup les mères de familles nombreuses (6 à 12 enfants).
L’AVOB n’ignore pas la loi interdisant le travail des mineurs ; mais devant les problèmes de survie, il fallait trouver un moyen pour aider les mères veuves à sauvegarder la vie de leurs enfants.

  • Santé

Le cas des orphelins handicapés moteurs est un souci constant pour la responsable de l’AVOB.
Comment arriver à les soigner ou à leur acquérir des moyens pour se mouvoir ?

En 1978, à l’issue d’une intervention de l’AVOB et du centre de traitement de poliomyélite de la mission catholique de la ville de Ouagadougou, Théodore, un orphelin handicapé, a retrouvé l’usage de ses deux jambes alors qu’auparavant, il se déplaçait avec ses mains.

  • Habits et jouets

A l’occasion des fêtes (Noël, Pâques etc…), l’Association distribue les vieux jouets ou habits conditionnés, reçus des bonnes volontés.
Ces habits sont transformés à la taille des enfants, ce qui résoud en partie le problème des dépenses financières des mères dont le revenu fixe est dérisoire,

RÉALISATION EN FAVEUR DES VEUVES

  • Formation professionnelle

Pour permettre aux femmes de bénéficier des revenus, l’AVOB a organisé des formations pour la fabrique de corps gras (huile d’arachide, beurre de karité, savon).
L’atelier de fabrique d’huile d’arachides ouvre en 1975, celui du beurre de karité en 1979.

1975 à 1981, l’AVOB a formé quatre vingt dix (90) femmes pour la fabrique de beurre de karité et deux cent dix (210) femmes pour la fabrique d’huile d’arachide. Beaucoup de vendeuses de ces produits sont sur les places de Ouagadougou.
Les expositions de ventes de juin 1976 et de Novembre 1981, ont été des moyens positifs de la sensibilisation de l’opinion publique burkinabè car à la création de l’association, les mauvaises langues taxaient cette dernière de regroupement de sorcières.

1978 à 1994, l’AVOB poursuit et dispense au bénéfice des veuves et orphelins, les activités suivantes :

  1. 1979 à 1994 : formation en tissage de 225 femmes et jeunes filles. L’atelier de tissage a été renforcé en 1983 permettant d’accueillir à la fois trente (30) stagiaires. L’apprentissage du tissage requiert une certaine aptitude et une bonne volonté de la part de celle qui apprend. L’AVOB fournit à l’apprenant tout le matériel d’apprentissage. Après la formation, chaque femme reçoit l’équipement de base à crédit pour s’installer à son compte. Elle doit adhérer à la coopérative de ventes, pour bénéficier des avantages des expositions ventes. Impact: exploitation personnelle ; vingt (20) tisseuses installées à leur propre compte. 
  2. 1979 à 1994 : formation en couture de 570 femmes et de 10 jeunes filles. Impact : les formées forment à leur tour, d’autres bénéficiaires
  3. 1981 à 1994 : alphabétisation de 364 femmes et jeunes filles. Résultat : elles ont toutes reçu leur attestation. Par ailleurs, l’AVOB a mené une activité spécifique en accordant un crédit aux veuves et orphelines alphabétisées : de 1990 à 1994, il y a eu deux cent dix (210) bénéficiaires de crédits. On dénombre à 7, les Centres d’Alphabétisation de l’AVOB dans la province du Kadiogo en 1994.
  4. 1988 à 1995 : inscription au préscolaire de 196 élèves, filles et garçons dans les trois (3) classes
  • Activités économiques

Dans la poursuite de ses objectifs, plusieurs activités ont donc été financées : activités de tissage, de fabriques et ventes de farine de maïs, de ventes de produits de beauté, de petits commerces (ventes de condiments, d’arachides etc.). Afin de donner de l’emploi à un grand nombre de ses membres, un modeste crédit individuel a été octroyé aux femmes et jeunes filles, pour faire le petit commerce :

  1. 1984 : 7 bénéficiaires
  2. 1992 : 64 bénéficiaires
  3. 1993 : 184 bénéficiaires
  4. 1994 : 210 bénéficiaires
  5. 1994 : 20 tisseuses bénéficiaires, installées à domicile
  6. 1994 : 10 jeunes filles bénéficiaires de la couture.

Projet arrêté en 1995, faute de financement.

L’AVOB a octroyé également des petits crédits aux veuves PVVIH/SIDA et aux familles affectées pour faire le petit commerce. Cela a été possible grâce à l’appui financier de l’IPC, dans le cadre du projet de « prise en charge communautaire des PV-VIH/SIDA et familles affectées ». Les activités menées par les deux cents (200) femmes et trois (3) hommes grâce aux fonds dont ils ont bénéficié, ont permis de générer des revenus qui ont atténué les difficultés financières auxquelles ils ont été confrontés régulièrement pour la prise en charge des soins de santé, d’alimentation, de scolarisation des enfants etc… En outre, ces activités ont contribué au soutien psychologique de ces personnes infectées en leur permettant d’être économiquement et socialement actives.

1978 à 1990, l’AVOB a appuyé des veuves pour l’obtention de champs collectifs. Celles des provinces du Sourou, du Bazèga, du Kénédougou et du Kadiogo ont été bénéficiaires. En 1985, les veuves de Napagtenga-Gounghin (province du Bazèga), ont eu leur champ collectif de 8 ha pour les cultures vivrières et en 1988, elles ont bénéficié de deux (2) forages avec pompes.

En 1983, il y a eu l’achat de moulins pour les veuves. Il s’est agit de mettre à leur disposition une technologie nouvelle pour la transformation des produits en farine. Le moulin remplace la meule traditionnelle. De même, il y a eu l’achat de charrettes et pousse-pousse supportant un fut de deux cents (200) litres. L’acquisition des charrettes a permis de réduire les pertes de temps d’approvisionnement en eau de boisson, de cinq (5) heures à quinze (15) minutes. La charrette est aussi utilisée dans le transport du fumier pour les champs de céréales et de cultures maraîchères. Elle facilite également le ramassage des produits vivriers pendant la moisson et celui des matériaux de construction et autres (sable, graviers, cailloux, briques, etc..). 

En 1985, les veuves de Tougan (Sourou) ont bénéficié de puits à grand diamètre, creusé et busé qui procure de l’eau à toute la population et assure les cultures vivrières.

 

  • Santé

La santé est la base de tout développement, ainsi que la planification des naissances.

En 1983, l’AVOB a renforcé quatre (4) centres pilotes d’animation sanitaire et nutritionnelle qui avaient pour tâche d’apprendre aux veuves, les notions d’hygiène domestique et de diététique par :

  1. des causeries sur l’hygiène corporelle, vestimentaire, alimentaire et l’hygiène du milieu ;
  2. des causeries et exercices pratiques sur les bouillies enrichies, variation alimentaire ;
  3. l’apprentissage et la confection, l’utilisation et l’entretien de filtres à charbons ;
  4. la confection et l’utilisation des latrines.

En 1983, certains membres de l’AVOB avaient la qualification nécessaire pour animer les séances de causerie sur l’hygiène et sur les travaux pratiques de diététique, de fabrication de filtres à charbon, de confection de latrines.

L’AVOB a ouvert en 1990, une clinique de planification familiale au siège national M’MAROOGO (case de la mère) pour la sensibilisation et la formation des femmes, afin qu’elles prennent en mains leur santé (utilisation des contraceptifs).

L’AVOB est membre du Comité National de Lutte contre les Pratiques de l’Excision ; elle a organisé des séminaires d’information dans les dispensaires, les centres médicaux à travers les villes et les provinces.

L’AVOB est également membre du Comité National de Lutte contre le SIDA ; elle participe aux différentes rencontres de réflexion, de recherche et d’information du public à ce sujet (dépistage).

1998 à 2009, l’AVOB prend en charge les frais médicaux de ses veuves séropositives et propose également un soutien alimentaire et psychologique à travers des visites à domicile et à l’hôpital. L’association a mis en place des groupes de parole, où les femmes atteintes de la maladie peuvent se retrouver pour partager leurs expériences et apprendre ensemble à gérer la maladie.

  • Education non formelle

Près de 98 % des femmes sont analphabètes ; l’AVOB appuie les structures étatiques pour répandre l’alphabétisation en langues nationales. En 1983, elle a ouvert et équipé un nouveau centre d’alphabétisation qui accueille soixante quinze (75) auditrices veuves ou orphelines. Elle a fait former par l’Institut National pour l’Alphabétisation et la Formation des Adultes (INAFA), cinq (5) formatrices en alphabétisation qui sont chargées à leur tour de former les autres membres de l’association.

  • Environnement

Les efforts entrepris par le gouvernement pour lutter contre la désertification passent également par l’utilisation rationnelle du bois de chauffe.
Les foyers améliorés tendent à une économie notable des quantités de bois consommés par les ménages.

Les membres de l’AVOB ont pris connaissance du problème et adhèrent à l’idée de construire dans chaque famille un foyer amélioré pour réduire la consommation du bois, seule source d’énergie à leur portée. Un maçon formé par l’association, est en permanence payé par elle, pour assurer la construction de l’ouvrage chez la veuve qui le désire. Seulement, cette dernière doit être en mesure de réunir les matériaux comme le sable et le gravier. Les membres de l’AVOB espèrent contribuer ainsi à décourager la coupe abusive des bois qui est une des causes favorisant l’avancée du désert.

  • Domaine juridique

L’Association guide, oriente, opère pour ses membres surtout analphabètes, des interventions dans le domaine administratif :

  1. Demande de pièces officielles ;
  2. Constitution de dossiers.

L’Association dénonce, combat sur les antennes de la radio et de latélévision nationale les pratiques barbares et rétrogrades qui bafouent la dignité humaine. Certains orphelins sont séparés de leur mère, les privant ainsi de l’affection maternelle indispensable pour le développement complet de l’enfant.

L’Association intervient auprès du tribunal de Grande Instance pour orienter et appuyer ses membres dans leur lutte de tentative de récupération de biens successoraux (immeuble, finance, bétail, terre arable) souvent accaparés par les beaux-parents ou une tierce personne se réclamant parent du défunt, privant ainsi les vrais ayants-droits du minimum vital. L’AVOB intervient aussi pour faire restituer le droit de tutelle aux personnes lésées.

1974 à 1995, quatre vingt et seize (96) veuves devenues tutrices de leur famille monoparentale, par ordonnance du Tribunal de 1ère et Grande Instance de notre pays. Ces bénéficiaires, leurs orphelins et leurs familles d’origine, disposent des biens successoraux de leurs défunts.
La connaissance par tous les citoyens des dispositions du Code des Personnes et de la Famille est une nécessité incontournable pour aboutir à la libération des femmes.

20 au 30 Juin 1995, l’AVOB a fait former par des juristes et des linguistes de langues nationales (mooré, jula, fulfuldé), vingt six (26) animatrices à la connaissance du Code des Personnes et de la Famille.
La deuxième partie de ce Code a été traduite et imprimée dans les différentes langues. Elle a été soumise à un «pré-test» auprès des populations par les équipes de l’Institut National d’Alphabétisation (INA) et vulgarisée sur les antennes de la radio rurale (au cours de l’émission ménage en musique) pendant la première semaine de chaque mois.

10 au 15 Février 1997, trois (3) commissions de validation ont amendé les spécimens. Madame Veuve Lucie KABORE a adressé au Crédit Agricole des Landes, un spécimen en langue jula qui a été imprimé en trois mille (3 000) exemplaires.

  • Restauration des cases

Des veuves ont déjà été victimes de grosses pluies engendrant des inondations très importantes. Les cases et les murs des concessions s’écoulèrent. Les veuves du 3ème âge, sans enfant et sans moyen d’intervention, bénéficièrent, suite aux démarches entreprises par Madame Veuve Lucie KABORE, d’une somme de 150 000 F octroyée par la Mission Adventiste.
L’action de restauration des cases, sauva les veuves sans abri.

  • Intervention pour un moyen de locomotion

L’urgence de doter une veuve victime du comportement de ses beaux parents, a poussé la Présidente de l’AVOB à se porter garante pour un crédit de mobylette en faveur de cette veuve.

  • Activités culturelles nationales et internationales

20 Juin 1994, visite du siège de l’AVOB par son Excellence Blaise COMPAORE, chef de l’Etat du Burkina Faso.

28 Novembre 1994, célébration du 20 anniversaire de la création de l’AVOB. Cérémonie rehaussée par :

  1. la participation de l’épouse du chef de l’Etat en la personne de Chantal COMPAORE ;
  2. l’arrivée des associations départementales des veuves de France, conduites par Mme Aliette BELLAVOINE, présidente internationale des veuves et des veufs d’Europe.

2007, documentaire, Série Femmes Battantes : « Messagère d’Espoir », réalisé par Flore YAMEOGO en collaboration avec la RTB et le CIRTEF.

PÉRIODE DE DIFFICULTÉS DE L'AVOB

Le 23 Mai 2000, Madame Veuve Lucie KABORE perd sa benjamine. Dès lors, elle se présente de moins en moins à son association, mais suit de près, à partir de son domicile, toutes les activités avec les personnes chargées de la gestion. Malheureusement, le personnel sur lequel elle a énormément compté, n’a pas réussi à maintenir le cap. Certains posèrent des actes qui ont été défavorables à la bonne marche de l ’association. Ainsi, s’est installée la spirale inévitable des difficultés de celle-ci. Petit à petit, tous les partenaires se retirèrent, sauf la Coalition au Burkina Faso pour les Droits de l’Enfant (COBUFADE) et le Programme d’Appui au Monde Associatif et Communautaire de Lutte Contre le VIH/SIDA (PAMAC).

RELANCE DE L'AVOB

En 2009, sur les conseils de certaines veuves soucieuses de la situation inquiétante de l’AVOB, l’Assemblée Générale en sa séance du 06 Janvier 2009, recommande la transformation de l’Association en FONDATION, pour lui donner une relance, élargir ses plans d’actions et rendre hommage à Madame Veuve Lucie KABORE. Ainsi, l’AVOB change de nom et de statut, tout en gardant la même Présidente, les mêmes objectifs et les mêmes missions. L’AVOB de Madame Veuve Lucie KABORE devient FONDATION LUCIE KABORETRAORE POUR LA PROMOTION DES VEUVES ET ORPHELINS DU BURKINA (FONDATION LKT).